Le maquis que l’Histoire avait oublié
 

Structuration progressive. Faux papiers. Réseaux et Passeurs

Le 1er février 2007, par Gerard,

1941, 42, 43. Tout au long de ces 3 années, la résistance déjà en place depuis 40 va s’organiser d’une manière de plus en plus "industrialisée"

Structuration et renforcement :
- Des filières de passeurs [1]
- Des réseaux de renseignement vers la France Libre et les Alliés
- Des actions « bâtons dans les roues » à l’encontre de l’occupant
- Puis du recrutement de forces vives pour les maquis naissants

Des petits groupes de clandestins se structurent peu à peu, composés des habitants, d’évadés, d’expulsés, des plus en plus nombreux recherchés... de tous ceux qui n’ont toujours pas baissé les bras. Ils seront considérablement grossis, à partir de début 43, des réfractaires au STO français ou au RAD alsacien mosellan [2]

Quelques hommes feront le grand saut vers l’Afrique du Nord pour combattre dans les Forces Françaises Libres (un bien connu parmi ces quelques uns : Michel Klein, de Moussey, qui fut notre instituteur). D’autres partiront combattre dans les maquis de l’Ain : Eugène Odille de Moussey, dit "le Kiki", André Launay de Le Saulcy [3], Paul Dumoulin de Moussey [4]. Grégoire Berg, Juif habitant à Moussey depuis 1939 avec sa famille, sera fusillé à Paris comme résistant...

Se structurent dans le même temps les rattachements aux grands réseaux du Renseignement et des filières d’évasion (Ajax, Mithridate [5], CDLR [6], Libération Nord... Résistance Fer), et donc la liaison avec les autres groupes de Résistance, la Zone Libre, la France Libre (BCRA...), les Anglais (SOE...)


La région de Moussey est incontestablement le bastion de la Résistance de la haute vallée du Rabodeau et la principale articulation entre la vallée de la Bruche et la France "de l’intérieur". Elle le doit à sa situation géographique, aux liens de parenté entre les familles "coupées en 2" suite au traité de Francfort de 1871, à 70 ans d’histoire de guerre et au caractère consécutif de ses habitants. Elle doit sa force et sa stabilité jusqu’au bout à la force morale et à l’indéfectible complicité au delà de leurs "appartenances" de 4 hommes exceptionnels, les 4 principaux "chefs du village" de Moussey : son maire Jules Py, son directeur d’école Lucien Simonot, son curé Achille Gasmann [7], son brigadier de Gendarmerie Marcel Demaline


On ne peut évoquer la Résistance d’ici sans mettre à la place qui lui est due l’Administration des Eaux et Forêts (aujourd’hui ONF) : forteresse de la Résistance d’ici si l’on résume. A la tête de l’organisation depuis le printemps 41 (leur retour de captivité), les "patrons" de l’arrondissement de Saint Dié : Louis François, conservateur, son adjoint Jean-François Pelet. S’il fallait un exemple pour illustrer ce que fut l’esprit de la Résistance d’ici, en voilà un [8]

Incontournables professionnels et fournisseurs des ressources de la forêt, les gardes et ingénieurs, leurs équipes de bûcherons et les exploitants, constituent de fait un réseau au travers duquel rien ne passe sans être vu ou contrôlé dans cette région faite de plus de 90 % de forêt, exploitée sans arrêt... Les hommes de cette administration d’Etat sont tous ici sévèrement triés sur le volet et "éduqués", ils formeront jusqu’au bout le plus important, le plus uni et le plus fiable noyau de l’organisation de la Résistance d’ici... Dernier perfectionnement du système, des "chantiers forestiers" (un peu comparables aux "chantiers de jeunesse") seront créés pour protéger mieux encore ce dernier "espace libre" qu’est l’immense forêt sauvage de la montagne d’ici, former des maquisards, couvrir le plus possible de "rebelles", donner un travail officiel aux réfractaires au STO...

Rien ne fut découvert jusqu’aux dernières semaines de l’occupation.

C’est alors que les Einsatz Kommandos du Sipo/SD, bien renseignés, lancèrent une implacable chasse à l’homme : les hommes non encore déportés "comme tout le monde" furent systématiquement arrêtés, interrogés, le dernier noyau dur amené à partir de mi octobre à l’Ecole du Vivier (Etival, siège à l’époque du Einsatz Kommando Wenger). Le 22 octobre 14 hommes seront exécutés dans la tuerie de Ravines, les 2 grands patrons en tête, la plupart des autres seront déportés. Au total 305 forestiers y laisseront leur vie (18 "retrouvés" s’ajoutent aux 287 inscrits en 1948 sur le "Parchemin du Haut Jacques"). En ce qui concerne la haute vallée du Rabodeau, seulement quelques très rares ont pu échapper au pire : plus de 80 % sont morts (70 recensés)...


C’est dans ce terreau [9] que s’organisera au moment nécessaire ici et selon les directives de Londres une force militaire : les 2 maquis GMA Vosges et 1er RCV FFI [10] :

- Le GMA Vosges, sous le commandement de Marcel Kibler, le « commandant Marceau » : ingénieur textile alsacien "évadé" dès l’armistice, adjoint de Paul Dungler (fondateur de la "7ème colonne d’Alsace" et du GMA, Groupe Mobile Alsace), puis un de ses successeurs après l’arrestation de celui ci
- Le 1er Régiment de Chasseurs Vosgiens FFI, sous le commandement du colonel Emile Marlier : officier des Chasseurs à Pied réputé, résistant de la première heure et membre actif du réseau de résistance de l’armée (qui principalement deviendra l’ORA), connaissant le terrain puisque vosgien de Lusse et habitant du Harcholet

Destinés à contrôler les passages vers le centre Alsace depuis le Donon jusqu’à la vallée de la Fave au moment de l’offensive alliée vers le Rhin, ils regrouperont l’essentiel des forces locales de résistance

- Composés d’habitants des villages
- Structurés de manière militaire
- Servis par des hommes et des femmes "ordinaires" d’ici réunissant les qualités à hauteur de l’enjeu : conviction et honnêteté intellectuelle, connaissance du terrain et pragmatisme, courage et discrétion

Ils comptent plus de 1 000 hommes disponibles à la fin juillet... et seront la cheville ouvrière de l’Opération Loyton. Une légende. D’abord une réalité

Notes :

[1] Nous sommes ici directement sur la frontière avec le Reich. (Pour mieux comprendre, voir rubrique Le Vosgien d’ici en 40/Géographie. Cliquer )

Consécutivement la Résistance d’ici se caractérise d’abord par sa formidable organisation de passeurs, une des plus importantes du pays durant toute l’Occupation : plus de 15 000 "passés" à travers une ligne Donon-Saales, de l’Armistice de juin 40 à la Libération du 22 novembre 44. Quelques illustrations :
- L’épisode Saint Blaise-Senones du Rapport d’évasion de Jean Guillermo, PG fournit une des illustrations du propos. Merci à son petit fils Mathieu d’avoir bien voulu me communiquer ce dernier et de m’en autoriser la publication, sous ses 2 formes : le document papier dans document PDF de bas de page, le documentaire filmé qu’il en a lui même tiré : "KG, Récit d’un évadé". Sobre et remarquable restitution d’une aventure d’homme, osée et réussie. Cliquer
- Le film documentaire de Robin Hunzinger Les Passeurs de Moussey (extrait du webdoc Les Résistances. La Désobéissance est le plus sage des Devoirs . Cliquer
- La filière des passeurs Salm Moussey. Précieux témoignage dans ce documentaire vidéo conservé à l’INA. Cliquer

La fourniture de faux papiers y tient une place capitale. Nécessaire à "rebaptiser" les réfugiés et recherchés. A faire quelqu’un d’autre du réfractaire au STO en changeant la date de naissance ou faisant la "fote d’ortaugrafe" qui change tout. A donner au juif alsacien un nom suédois, au Malgré-Nous déserteur un nom italien, à l’aviateur anglais un nom espagnol... A fournir en même temps les indispensables cartes de travail et cartes d’alimentation... à héberger et à évacuer. La mairie devient un guichet d’espoir (la gendarmerie de Moussey aussi)

Le village de Moussey, maire, curé, directeur d’école, gardes forestiers, gendarmes, en tête, se distingue là tout particulièrement :

Atelier de faussaire et formidable organisation de passage et d’assistance des clandestins appuyée sur les moyens des usines Laederich (Jules Py était aussi le directeur général de celles ci) : réception au débouché des sentiers des passeurs, nourriture, hébergement, "déguisement" en ouvriers des usines, faux papiers, logistique d’évacuation... L’organisation fonctionnera (gratuitement !) sans faillir, dans la plus absolue discrétion, de juin 40 au 24 septembre 44 (2ème déportation, qui saigne à blanc le village). Plusieurs milliers d’hommes seront "passés" ici et transportés jusqu’aux "centres de transit" menant vers des lieux plus abrités, la France Libre ou l’Angleterre

Le prix payé sera lui aussi distingué. Quelques exemples :
- Le 7 avril 42 à Moussey le passeur Eugène Odille réussit à échapper à la Feld Gendarmerie, mais sa femme Marie et leur fils Fernand sont arrêtés et déportés... Leur fille Irène, 12 ans, vivra ainsi le sort des sans famille... Eugène, pris plus tard dans le Jura, mourra en s’échappant le 8 août 43. Marie ne se remettra pas des sévices de Ravensbrück et mourra le 4 octobre 47. Fernand disparaitra pour finir dans le camp de Leitmeritz (Tchécoslovaquie. Cliquer )
- 3 Marchal de Le Saulcy : Edmond le 16 avril 42, Joseph le 12 juin, Jean Joseph le 22, sont également arrêtés et déportés (non rentrés)...
- Lucien Simonot, capitaine de réserve, valeureux combattant de 14-18 et de 39-40, Franc-maçon, est le secrétaire de mairie et directeur de l’école des garçons. Un grand Monsieur resté un exemple dans les têtes de ses anciens élèves et de toute la population. Il est le premier fédérateur et chef de la Résistance du canton (CDLR). Arrêté à l’école le 4 janvier 44, il est interné de longs mois à la prison Charles III de Nancy, puis amené au camp de transit de Compiègne. Déporté au camp de Neuengame (transport du 15 juillet 44), il n’en reviendra pas (mort le 23 mars 45 à Kaltenkirchen, un kommando de Neuengame)
- Aimé Blaison, son artiste "faux tampons, cartes vierges... " et garde champêtre, lui succède à la mairie et reprend le flambeau. Prévenu, il échappe le 2 août 44 à son arrestation par la Feld Gendarmerie de Saint Dié (même opération que pour (Marie) Madeleine Lallevée et sa fille Marie Louise). Il ne devra d’échapper à son élimination qu’à son "nez" puis à sa capacité à vivre comme un rat jusqu’à la Libération
- Maurice Vincent, le "photographe" de l’équipe, ne sera jamais découvert mais n’échappera pas à la déportation du 24 septembre
- (Marie) Madeleine Lallevée, la sage femme directrice de la maternité, et sa fille Marie Louise (Sartory), piégées par un faux résistant mais vrai supplétif français du SD, seront arrêtées le 2 août 44 par la Feld Gendarmerie de Saint Dié, en même temps que Jean Ruffenach. Toutes 2 seront déportées à Ravensbrück. Madeleine mourra sur le chemin du retour, sa fille survivra, Jean Ruffenach sera exécuté au Struthof...

Et puis il y a l’organisation de transport et logistique des usines Laederich : l’équipe "du petit train" (le "Tramway de Moussey à Senones", dont Georges Adenot était le chef d’exploitation) et l’équipe "du garage" (encadrement, mécaniciens, chauffeurs). Elle a joué dès juin 40 et sans discontinuer jusqu’à la grande déportation du 24 septembre 44 un rôle considérable, principalement à partir du printemps 41 au retour des camps de prisonniers de Jules Py, maire du village et directeur général du groupe textile Laederich

Elle fut en effet une immense plate forme d’évacuation de la filière des passeurs
- Les évadés étaient recueillis au débouché des "sentiers des passeurs" (celui du "Chalet", du "fond de Quieux", celui de Prayé... ). La famille Joseph Edelbloute y joua un rôle majeur dans la récupération, la "cantine", le "circuit photos" (Armand), l’aiguillage... Aimé Blaison, Camille Poirson, l’appariteur Louis Marchal (le Ziquet)... assuraient l’articulation du "manège"
- L’équipe du petit train transportait jusqu’à son terminus de Senones, celle des chauffeurs assurait l’évacuation jusqu’aux connexions aval (vers Haute Saône, Zone Libre, Suisse, Angleterre... ). Cela par le biais des flux de transport liés au fonctionnement des usines de filature et tissage de Moussey, La Petite Raon, Senones, mais aussi de Rupt sur Moselle et le Haut du Them (Haute Saône) : aller et retours permanents nécessités par les étapes de fabrication, la livraison des produits finis, l’approvisionnement des matières premières, la maintenance et les nécessités techniques, l’approvisionnement des denrées alimentaires, chaussures et habillement... . Joseph Edelbloute et Riri Poirson, Adrien Colin et Oscar Zimmermannn, Robert Odille... le chef du garage André Bastien pour ici, René Preghenella et Louis Thiébaut pour Rupt sur Moselle et Haut du Them, Tisserand et Mougenot en tant que prestataires de services... assuraient la navette avec leurs camions et camionnettes (quelquefois ce fut avec la voiture du "patron", Jules Py, voire quand il était à Moussey avec celle de "monsieur Georges", Georges Laederich le PDG du groupe)... Quelquefois au prix de risques insensés, souvent grâce à une incroyable chance
- La "navette" fonctionnera (gratuitement !) sans faille et sans jamais être être découverte pendant 4 ans 1/2 : vers la gare de marchandises d’Epinal ("Comptoir cotonnier" d’Epinal, groupe Laederich), vers la gare de marchandises de Saint Dié (et les dépôts de « L’Abeille Déodatienne » et « La Jeanne d’Arc », chaînes de magasins succursalistes), vers la gare de marchandises d’Etival (embranchement sur la ligne de chemin de fer Colmar Nancy, chef de gare Lambert), vers la gare de marchandises de Nancy (embranchement sur la ligne de chemin de fer Strasbourg Paris)...
- Tous ces hommes finiront cependant "pris" et déportés dans la rafle du 24 septembre 44, les derniers dans celle du 5/6 octobre. La fin de cette formidable histoire (Aimé Blaison resté comme on l’a vu caché comme un rat ne sera pas pris, mais son jeune fils subira le sort commun et sa femme mourra prématurément de fatigue et du souci de tout cela)

Quelques autres des acteurs (dont à peu près tous finiront dans les filets des 2 rafles du 18 août et du 24 septembre) :
- Jules Py, le maire du village, également directeur général des Ets Laederich ("l’As du Génie" de la guerre de 14, Lt colonel de réserve). Il sera, et pour cause, déporté "comme tout le monde" le 24 septembre et mourra à Dachau...
- Georges Adenot, le chef d’exploitation, et son équipe des cheminots du "petit train" Moussey Senones, qui ont pris en charge tant de passagers clandestins. Mais il y a aussi le sabotage régulier des 2 locomotives, la plus impressionnante fut le "grippage" des injecteurs par Georges Adenot : les 2 machines sont restées clouées pendant la plus grosse partie de l’été 44 à leur dépôt de Moussey, au moment où les Allemands en avaient cruellement besoin ! (Histoire du "Tramway de Moussey à Senones". Un site à consulter. Cliquer )
- Le chef Demaline et ses gendarmes, qui ont quotidiennement couvert et tant de fois mis la main à la pâte : "tuyaux", rapports tronqués, faux tampons, faux papiers, fichiers officiels "bricolés", protection des parachutages... en résumé qui ont désobéi (Rapide bio de Marcel Demaline sur Memorial-GenWeb. Cliquer )
- Georges Evrard et l’équipe des hommes des Eaux et Forêts, la plus solide et fiable organisation de Résistance d’ici (citons parmi ses premiers acteurs le brigadier du district de Moussey Eugène Cladt, parti en retraite le 31 décembre 41, Alsacien né à Triembach au Val le 13 septembre 1880), le brigadier Paul Gérard qui lui succéda avant de partir pour Saint Benoit, l’omniprésent homme de l’ombre qu’était le garde chasse privé Albert Freine (Alsacien lui aussi, de Plaine), qui ont renseigné, guidé, hébergé, fourni des caches...
- Les passeurs alsaciens : Hubert Ledig, Jean Simon... et d’abord la formidable filière autour de Michel Ferry (près de 1 000 "passés" à elle seule !). Le témoignage vidéo de bas de page "Passeurs Bruche Rabodeau. Filière La Broque Moussey" illustre le propos
- A Senones, le relai du gendarme Thiernesse, les faux papiers du maire Larue, la culture de résistant de l’industriel Prêcheur
- Les "hommes des bois" de la vallée de Celles et le rôle considérable tenu par Roger Gérard, ceux de la vallée du Hure

Il y a tous ceux sans lesquels rien de tout cela n’eut été possible : les « citoyens ordinaires » du village et de ses environs. Ils ont quotidiennement, parce que pour eux "c’était comme ça qu’on devait faire", camouflé, abrité en attendant ou jusqu’au bout, récupéré les égarés, guidé, fait l’aubergiste, la nounou, l’interprète... donné chaussures et vêtements pour habiller ou déguiser ces clandestins en vrai faux habitants d’ici... Et aux pires moments n’ont pas "parlé". Quelques uns parmi ceux ci : les familles Léon Blaison, René Lallevée, le boulanger Beauquel... les familles de Quieux Ropp, Georges... et la foule des anonymes

Au milieu de tous ceux là Achille Gasmann, le curé du village, le "compère" de Jules Py. Inflexible pilier moral de l’affaire et exemple bien concret pour tous. Tenant les réunions "d’état-major" à la cure, cachant "en attendant" dans le presbytère ou l’église, centre de renseignement à partir du confessionnal... et redonnant espérance aux éprouvés

Ce fut ça, pour commencer, la résistance d’ici... pendant TOUTE la guerre ! Une lutte pour tenir debout, une lutte pour protéger des autres aussi des griffes de l’occupant... bien avant celle des maquis de l’été automne 44 et de l’Opération Loyton... Le refus de citoyens ordinaires, le quotidien d’hommes libres... Une explication de texte sur ce que sont le refus de vivre à genoux, l’engagement et la loyauté !

[2] Convocation pour le STO et Fausse carte d’Identité pour y échapper : document PDF ci dessous

[3] Traces de André Launay :
- Page 102 du livre de Michel Germain "Le sang de la barbaríe. Chronique de la Haute-Savoie au temps de l’occupation allemande". Cliquer
- Dans les archives de la prison de Eysses (amené là pour purger ses "20 ans de travaux forcés" il en sera extrait pour être déporté en juin 44, en transitant par Paris, vers Dachau puis Buchenwald (rentré). Cliquer

[4] Traces de Paul Dumoulin dans le Maquis du Vercors :
- Pages 150 et 197 du livre de Michel Germain "Le sang de la barbaríe. Chronique de la Haute-Savoie au temps de l’occupation allemande" (noter les 2 coquilles de frappe parfois présentes dans le texte : Démoulin pour Dumoulin et Maussey pour Moussey, il s’agit bien du même homme, ramené et enterré dans son village de Moussey en 1948). Cliquer
- Rapide bio dans Mémorial-GenWeb. Cliquer

[5] Mithridate, réseau de renseignement lié à Londres. Un aperçu à travers cette biographie de Pierre-Jean Herbinger, son co-fondateur avec Fernand Gibelin. Cliquer . Le gendarme Paul Joyeux (alias Camille) en poste à Epinal en fut "correspondant" pour le département des Vosges. Quelques indications ici. Cliquer

[6] CDLR (Ceux de la Résistance), un des des plus importants et plus structurés réseaux de la Résistance. Notons sa place tenue ici : par la famille Froitier (des instituteurs : parents à Senones, fils à Lamarche (88), fille à Le Saulcy-Quieux épouse de Marcel Dubois), par ces autres instituteurs : Lucien Simonot et André Defrance à Moussey, Ernest Perrin à Senones, Marcel Dubois à Le Saulcy-Quieux...

[7] Achille Gasmann (en fait Gassmann), curé de Moussey jusqu’à la mobilisation de 39, combattant de 39-40 dans l’armée du Nord, capitaine aumônier, évacué vers l’Angleterre depuis Dunkerque, hébergé dans le Sud du pays, revenu en France au début du printemps 41, réinstallé quelques semaines plus tard dans sa cure de Moussey pour, à la manière apprise au contact des Anglais, refuser la défaite et résister

[8] Résistance des hommes de l’Administration des Eaux et Forêts de l’arrondissement de Saint Dié :
- Voir cette ébauche Wikipedia, certes pour l’instant encore très incomplète, mais qui permet de comprendre le fond de l’histoire. Cliquer
- Voir les 2 documents PDF ci dessous qui leur sont consacrés

[9] En complément de cet article général il est nécessaire de se reporter au dossier "1940-44. De la Bruche au Rabodeau. La filière des Passeurs" élaboré par Liliane Jérome. Un époustouflant "Carnet de Notes" des faits et des hommes qui les ont faits (placé dans cette même rubrique. Cliquer )

[10] Bien que prématurément anéanti, ce qu’on nomme ici "le Maquis d’ici" sera pour les Allemands l’expression de l’inflexible rejet de leur présence par toute la population. Et la mesure du danger qu’il y a pour eux de laisser s’ajouter à la colossale puissance alliée l’assurance de se faire ronger de l’intérieur... La petite goutte d’eau qui finalement, et malgré les arrestations, les exécutions et le "nettoyage" des déportations, les décidera plus vite à renoncer à se retrancher sur les contreforts du massif ?

 

Galerie d'images

Sentier des Passeurs Salm Moussey. Carte Moussey. L'aboutissement du Sentier des Passeurs Salm Moussey Monument National des Evadés de Guerre et des Passeurs Passeurs Bruche Rabodeau
 

Documents joints à l'article

STO
PDF | 316.7 ko | document publié le 31 juillet 2008
Convocation et Faux papiers
Aimé Blaison. Passeur et faussaire
PDF | 466.4 ko | document publié le 6 novembre 2008
Témoignage de J P Houel
Moussey, asile et passage
PDF | 2 Mo | document publié le 18 juillet 2010
Benjamin Steger. Déserteur de la Wehrmacht
Administration des Eaux et Forêts. Conservation des Vosges
PDF | 592.7 ko | document publié le 10 novembre 2010
Droiture et Loyauté
Moussey, asile et passage
PDF | 2.7 Mo | document publié le 11 novembre 2010
Jean-Jacques Chaudre. Alsacien qui a refusé de porter l’uniforme allemand
Pierre Ferry
PDF | 606.8 ko | document publié le 3 décembre 2010
Hommage aux Passeurs
Jules Py
PDF | 831.1 ko | document publié le 3 juin 2011
L’homme. Le soldat. Le résistant
La section du "Génie Forestier"
PDF | 409.4 ko | document publié le 3 novembre 2011
Moussey. Juillet 1943- 24 septembre 1944
Henri Poirson
PDF | 110.9 ko | document publié le 25 novembre 2013
Rapide biographie
C’était aussi ça la Résistance d’ici
PDF | 206.3 ko | document publié le 1er février 2014
Moussey 14 juillet 1943
Jules Py
PDF | 266.4 ko | document publié le 3 octobre 2014
Les 2 mondes
Passeurs Bruche Rabodeau. Filière La Broque Moussey
Windows Media | 61.4 Mo | document publié le 24 février 2015
Hubert Ledig et Michel Ferry. Témoignage
Administration des Eaux et Forêts. Conservation des Vosges
opendocument spreadsheet | 85.3 ko | document publié le 15 juin 2015
Les noms des 305 morts pour faits de Résistance
Jean Guillermo, PG
PDF | 3 Mo | document publié le 24 février 2016
Son "rapport d’évasion"

Rubriques du site

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Le Maquis que l’Histoire avait oublié
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3.Histoire d’ici
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2 - Le contexte général
3 - Ce qui s’est passé ici
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Les 2ème et 3ème - les 2 "grandes" - déportations de 44
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- Moussey Le Mont 6 juin 2010. Le 13ème Dragons saute sur "Anatomie"
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- Notes
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Les Résistances. La Désobéissance est le plus sage des Devoirs
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8 - MD. Réflexions sur ce qu’auraient pu être...
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