Le maquis que l’Histoire avait oublié
 

L’Opération Loyton

Le 3 février 2007, par Gerard,

Envisagé dès le mois de mai dans le schéma de percée du massif des Vosges, ce qui s’appellera l’« Opération Loyton » a été définitivement décidé en juillet 44

Elle est une pièce principale du dispositif prévu par l’état-major allié pour préparer et sécuriser l’offensive vers l’Alsace... et le Rhin. Après nombre de simulations, un franchissement du massif en son centre est mis au point début août et planifié pour fin septembre au plus tard, et doit nécessairement s’appuyer sur la Résistance d’ici

La stratégie générale prévue repose sur l’offensive éclair imaginée par le général Patton (sa 3ème armée avance alors sur une ligne de front qui s’étire de Chaumont aux Ardennes, déployée face à la barrière du massif des Vosges). En résumé : casser le front allemand en perçant par le centre du massif et plonger droit sur le coeur de l’Alsace par la vallée de la Bruche

Principales raisons :
- C’est le plus court chemin vers le Rhin. Et pour faire face, la Wehrmacht devra dégarnir ses forces situées au nord et au sud du massif
- Consécutivement, une percée simultanée sera possible vers Strasbourg en contournant le massif par le Nord depuis les environs de Baccarat (la mission que réalisera, plus tard, la 2ème DB de Leclerc)
- Consécutivement, sera soulagée la prévisible difficile poussée du 6ème groupe d’armées vers Mulhouse et Colmar (de Lattre et Patch enveloppant le massif par le Sud depuis la trouée de Belfort et Chaumont Langres)

Le piège repose sur l’effet de surprise, et implique de passer par où on ne s’y attend pas : les « petits » cols, du Donon, de Prayé, du Hantz, de Saales, du Las... pour converger sur la vallée de la Bruche. C’est pourquoi l’Opération Loyton a eu lieu, et ici


L’Opération Loyton est la plus vaste des opérations de la guerre menée par le 2éme SAS sur le territoire français [1]

Notons qu’une opération juxtaposée chargée de préparer le passage nord du massif (secteur Saint Avold-Saverne) lui est directement attachée : l’Opération "Pistol" [2]. Dans les mêmes temps se déroulent au sud du massif les opérations "Hardy" et "Wallace". Ces 3 opérations simultanées, préparatoires du franchissement des Vosges, sont dirigées par le 2ème SAS...  [3]

Son extrême importance fait que des moyens exceptionnels sont mis en oeuvre [4] :

Le Lt colonel Brian Franks [5], brillant et audacieux officier de 34 ans, le "patron" du 2ème SAS, vient la diriger en personne sur le terrain (voir document PDF ci dessous), et 102 hommes des Forces Spéciales Britanniques sont parachutés ici en 6 principales vagues plus 3 de matériels, échelonnées du 13 août au 28 septembre 44 [6] :
- Le "Jed Jacob" du SOE : captain Victor Gough, capitaine "Baraud" (Maurice Boissarie), sergeant Seymour (radio) [7]
- 2 équipes du F Phantom (détachement du GHQ Liaison Regiment intégré à la SAS Brigade pour la reconnaissance et les transmissions) : captain John Hislop [8], lieutenant Peter Bowater Johnsen [9] sergeant Len Owens, sergeant Gerald Donovan Davis, signalman George Gourlay Johnston, signalman Peter Bannerman...
- 92 officiers, sous-officiers et spécialistes du 2ème SAS [10]

La mission consiste à reconnaître et préparer le terrain derrière les lignes ennemies en avant garde de la 3ème armée US :
- Harceler les positions stratégiques allemandes, détruire les convois de matériels et d’armement
- Déstabiliser l’état-major de la Wehrmacht... Bien sûr reconnaître et renseigner
- Coopérer avec les hommes du maquis, armer et équiper celui ci, coordonner les parachutages

Elle commence par le parachutage du 13 août (nuit du 12/13) à Le Mont qui largue 15 hommes :
- Le "Jed Jacob" du SOE, commandé par le captain Gough, et complété du capitaine "Baraud" (Maurice Boissarie, Français) et du sergeant Seymour (radio)
- Les avant gardes du 2ème SAS, commandées par le captain Druce [11] assisté du captain de Lesseps (Français, alias Goodfellow) et du Lt Dill, et complété de 4 hommes (sergeants Hay et Lodge, Pcts Crossfield et Hall)
- Un détachement du F Phantom, commandé par le captain Hislop, complété du sergeant Davis et de 3 hommes (Pcts Johnson, Stanley, Sulivan)
- Et une imposante quantité d’armes et matériels [12]

Elle se continue par 8 autres parachutages centrés sur ici : 6 sur place + 2 "extérieurs" [13] :
- Nuit du 31 août/1er septembre près de Veney (terrain "La Pédale") : le colonel Franks, le captain Whately-Smith, le captain Sykes (officier de renseignement), le Lt Marx (appelé "Karl")... environ 20 hommes du 2ème SAS, une deuxième équipe du F Phantom avec le lieutenant Johnsen, le sergeant Owens... le commandant FFI Derringer (BCRA, venu pour prendre le commandement du GMA Vosges), et des compléments de matériels
- Nuit du 6/7 septembre près de Veney (terrain "Le Pré Barbier") : le major Reynolds, le Lt Black... environ 12 hommes du 2ème SAS
- 3 septembre à Gemainfaing et 6 septembre à Le Mont (terrain "Anatomie") : complément d’équipements et armement. Principalement destiné à l’équipement du 1er RCV FFI
- 14, nuit du 19/20 et nuit du 21/22 septembre dans Moussey même (plateau de "La Charbonnière") : la suite des effectifs (environ 30 hommes), le complément des matériels, et 6 jeeps spéciales équipées de mitrailleuses lourdes
- 28 septembre à Vieux Moulin : parachutage d’armes et argent pour le Maquis d’ici (1er RCV FFI)


Prévue pour durer 2 semaines, au plus 4 à 5, l’Opération Loyton durera en fait 2 mois

En effet, l’offensive alliée ne pourra démarrer que 2 mois après la date prévue... [14] Etouffant ainsi dans une nasse parachutistes anglais et maquis d’ici ! [15]

Dès la liquéfaction du GMA Vosges au lendemain de la catastrophe de Viombois (4 septembre), la totalité des forces du 2ème SAS sont venues se regrouper autour de leur base opérationnelle de Moussey. Soutenues par les groupes locaux du 1er RCV FFI (la "centurie de Moussey", le groupe Mallens et le bataillon Morel... ). Les habitants de Moussey et des hameaux contigus assurant abri, ravitaillement et guidage [16]

Notes :

[1] Une documentation particulièrement utile sur ses hommes figure dans le recueil The SAS and LRDG. Roll of Honour. 1941-1947

Un ouvrage exceptionnel résultant de la volonté de transmettre l’histoire de ce corps très particulier des Forces Spéciales britanniques au travers des hommes qui ont bâti sa légende, ici de ceux qui y sont "morts en service commandé" (374). Une façon de leur rendre hommage, une occasion de faire table rase des imprécisions, détournements et falsifications "commercialisés" jusqu’ici

Ecrit par un homme du "métier" (vétéran du SAS), servi dans une présentation particulièrement soignée, 800 pages, 374 biographies :
- Sa présentation sur site dédié. Cliquer
- Un article du Telegraph. Cliquer
- Sa page Facebook. Cliquer

A noter que la totalité des bénéfices de sa vente seront utilisés, pour une part à rembourser les emprunts engagés pour la réalisation technique, pour une part à édifier les stèles ou monuments non édifiés jusqu’ici faute de moyens, le reste sera versé à des oeuvres de soutien aux vétérans. Merci de prendre cet aspect en compte aussi

[2] L’histoire de l’Opération Pistol :
- Histoire générale. Sur site Wikipedia. Cliquer
- Documents The National Archives UK. Cliquer

Le lieutenant Castellain, chef du groupe B2, est mort de ses blessures le 12 octobre avant d’avoir pu rejoindre des hommes de Loyton, il est enterré au cimetière de Moussey, "Tombes des Anglais". Brève biographie du Lt Castellain. Cliquer

[3] Les circonstances et la stratégie ont amené à retarder cette offensive de franchissement (glissement Nord-Est de la 3ème armée US, temps de mise en place de la 7ème). Les percées Nord vers Strasbourg et Centre par la vallée de la Bruche ne seront en fait réalisées que... fin novembre, l’une par la 2ème DB et les troupes US, l’autre par les 100ème, 3ème, 103ème DI US. Ceci expliquant le poids du "prix payé". La percée Sud par principalement l’armée de Lattre prendra pour nombre de raisons beaucoup plus de temps

[4] L’Opération Loyton et sa contre offensive allemande l’Action Wald Fest : détails dans extraits du rapport "Missing Parachutists" (major Barkworth 2ème SAS). Cliquer

[5] Lt colonel Brian Franks :
- La "pointure" de Brian Franks en a fait un des personnages clé des actions spéciales, pendant et après la 2ème guerre mondiale. Une illustration parmi d’autres dans ce livre de Tim Jones. Cliquer
- Brève biographie sur Wikipedia. Cliquer

[6] Sources précisant la composition des effectifs parachutés : témoignages d’époque et de vétérans, archives officielles, ouvrages traitant le sujet... et résultats de ses propres recherches aimablement communiqués par Wesley Richards (voir documents PDF de bas de page)

[7] En savoir plus sur les Jedburgh supports du 12ème Groupe d’armées, Nord-Est de la France août 44 (pour le "Team Jacob", allez à Contents au début de l’article ou allez directement page 20). Cliquer

[8] Captain John Hislop. Chef du groupe F Phantom de l’Opération Loyton, parachuté le 13 août 44 à la "Côte du Mont". Brève biographie. Cliquer

[9] Le Lt Peter Johnsen, parachuté à Veney le 1er sept 44, commandait la deuxième équipe du F Phantom. Voir le résumé de sa biographie dans cet article du Telegraph. Cliquer

[10] Le cas très particulier du pilote de la RAF Lew Fiddick, nommé membre honoraire du SAS. Cliquer

[11] Captain (puis major) Henry Carey Druce : l’organisateur terrain, omniprésent et audacieux, débrouillard et servi par une chance insolente (son nom est souvent phonétiquement orthographié : Dreks, Dreaks et autres variantes). Brève biographie :
- Dans The Telegraph. Cliquer
- Dans The Globe and the Mail (Canada). Cliquer

[12] Notons le discret parachutage complémentaire de réapprovisionnement de la nuit du 5/6 septembre au sud de Pierre Percée (saisissante aventure à laquelle participèrent l’équipe de Pierre Cérutti et le voiturier Stéquaire... )

[13] 2 autres groupes viendront encore renforcer l’opération :
- L’un de 10 hommes, parachuté dans la nuit du 27/28 août près de Charmes. C’est un team du 2ème SAS comprenant le major Peter Le Poer (alias Power, il est le "patron" du squadron A) et le captain James Alastair McGregor ("captain Beverley" : sa biographie en bref. Cliquer ). Notons que le major Power, parachuté à près de 40 km "trop loin", ne pourra rejoindre le QG de Moussey que le 18 septembre, avec 4 hommes, et que le le captain McGregor restera avec 4 hommes pour opérer sur une ligne Saint Dié Lunéville, avant de rejoindre les lignes américaines le 8 octobre. Notons que fut parachuté près de là (forêt de Charmes) et dans les mêmes temps (26 août) le "Jed Archibald". A sa tête le major Denning. C’est là qu’il rencontra "Planète" (colonel Granval, chef de la Région C), pour lui apporter 35 millions de francs et obtenir les renseignements nécessaires à son action (il n’obtint que d’inutiles généralités !). Il prit donc l’initiative d’organiser la résistance locale pour préparer le terrain aux troupes de Patton entre Bayon et Charmes. Ce qui fut un succès, malgré de sévères difficultés et pertes. (En savoir plus sur les Jedburgh supports du 12ème Groupe d’armées, Nord-Est de la France août 44 (pour le "Team Archibald", aller à Contents au début de l’article ou allez directement page 47. Cliquer )
- L’autre de 10 hommes aussi dont nombre de Canadiens et de Français "empruntés" aux 3ème et 4ème SAS. Il est commandé par le lieutenant canadien Maurice Rousseau du 2ème SAS. Parachuté dans la nuit du 9 au 10 septembre à Réchicourt le Château (près de Sarrebourg), sa mission est le renseignement et la neutralisation des voies de communication. Malgré l’exceptionnelle valeur de son chef et des hommes, il opérera dans des conditions particulièrement difficiles, devra se retirer en direction des lignes américaines et perdra 2 hommes : son chef et un de ses hommes capturés puis exécutés...

Souvenons nous de ces Canadiens, nos "frères d’outre Atlantique", qui ont pris une large part, et avec coeur, dans la lutte pour redonner sa liberté à notre pays et à l’Europe. Illustration au travers de ces 2 articles sur l’histoire de ces 2 hommes exemplaires qu’étaient les frères Maurice et Philippe Rousseau : 1/ Monographie de Pierre Lagacé. Cliquez 2/ Article de Philippe Rousseau (descendant de la famille) sur son site personnel. Cliquer

[14] Carte montrant la chronologie de la Libération du département des Vosges sur le site de l’Académie de Nancy-Metz. Cliquer

[15] La réussite de l’opération impliquait que l’offensive américaine soit menée dans le très court moment où les premières troupes du maquis d’ici, aidées des SAS, étaient prêtes à opérer... et où les Allemands n’y « croyaient pas assez » pour réagir !

Mais voilà (quelles parts ont pris les réalités du terrain, les "visions" des hommes, les contraintes et contradictions de tous et des stratèges des états-majors du SHAEF ?... ), il fut fait autrement... et 2 mois plus tard ! 2 mois après les derniers parachutages de septembre, tout en laissant croire chaque jour que « c’était pour le lendemain »... Ce qui transforma l’Opération Loyton en un terrible carnage, inscrivant la vallée du Rabodeau dans le "Guiness Book" des factures payées par la Résistance


Ce retard laisse en effet SAS et maquis suicidairement exposés... Et voici ce qui s’est passé en lieu et place de l’offensive éclair programmée et de la libération des Vosges (ceci prouvant par ailleurs l’excellence des services de renseignement allemands et la réactivité de son état-major) :

D’une part, la systématique et implacable chasse à l’homme menée par les Einsatz Kommandos du SD appuyés par la Wehrmacht :

- La traque acharnée contre les parachutistes anglais (voir document PDF "Secret Hunters"). Pour les 92 hommes du 2ème SAS parachutés ici : 2 tués en combat, 29 capturés tous exécutés. Pour les 3 hommes du SOE Jed Jacob : 1 tué à Viombois, 2 capturés dont 1 exécuté et 1 gardé prisonnier. Pour le squadron du F Phantom : 3 capturés tous exécutés... S’y ajoutent, pour le SOE : 4 auxiliaires féminines capturées, toutes 4 exécutées au Struthof, pour le team SAS parachuté à Réchicourt le Château en appui : la capture et l’exécution du lieutenant Rousseau et d’un de ses hommes, le retrait des autres vers les lignes américaines

- La chasse aux "terroristen" et l’écrasement du maquis et des populations civiles de la vallée du Rabodeau, au marteau pilon : la rafle du 24 septembre et ses déportations (144 hommes de Moussey plus environ 40 de ses "clandestins" et 309 des autres villages du haut de la vallée), la rafle du 5 et 6 octobre et ses déportations (392 hommes de Vieux-Moulin et Senones), plus de 25 fusillés sur place...

Ces 2 gigantesques rafles n’étant que la partie la plus spectaculaire. Il y a en effet aussi la longue liste des précédentes et suivantes opérations d’élimination de l’Aktion "Wald Fest" :
- La prise au piège du 17 août au Jardin David/Lac de la Maix. Désastreuse pour le GMA Vosges : la 2ème centurie démolie, une douzaine d’hommes blessés, tués, capturés (dont 4 parachutistes anglais)...
- La chasse à l’homme directement consécutive et la capture de plus d’une centaine d’hommes au total : déportation du 18 août (88 hommes), exécutions d’Allarmont (10 hommes fusillés sur les 12 capturés), exécution ou déportation dans les jours suivants d’une dizaine d’autres hommes de la vallée de la Plaine, 3 des 4 parachutistes anglais capturés fusillés...
- L’hécatombe causée par "l’affaire de la bataille de Viombois" (4 septembre) : 57 hommes tués pendant l’assaut, à sa suite des dizaines d’exécutions sur place, des dizaines de déportations dans les vallées de la Plaine et de la Vezouze (principalement depuis Badonviller)... et le sabordage du GMA Vosges !
- Les destructions, exécutions et déportations dans le voisinage : Etival, Saint Rémy, Raon l’Etape...
- Le démantèlement, fin octobre, du réseau des Eaux et Forêts de l’arrondissement de Saint Dié (cf. massacre du 22 octobre à St Prayel)
- Les répercussions plus ou moins directes un peu plus loin : destructions et déportations à Charmes, Rehaincourt, Saulxures sur Moselotte... encerclement, reddition et déportation des hommes du maquis de Grandrupt... destruction des villes et villages de la région Saint Dié Gérardmer
- ...
- L’abandon définitif de l’Opération Loyton : début octobre, devant l’inutilité flagrante de poursuivre et le gaspillage du courage et des vies humaines, le colonel Franks décide de faire rejoindre à ses rescapés les lignes alliées près de Baccarat. L’exfiltration durera jusqu’à la fin du mois, sera cauchemardesque et lourde en vies encore perdues

D’autre part, la volte-face des troupes allemandes en retraite décidée le 2 septembre (décret de Hitler) est mise en pratique dès le 3 pour bloquer les Alliés contre le massif des Vosges (Himmler à Strasbourg à cet effet, puis à Gérardmer les 5 et 6) :

L’état major allemand met à profit ces 2 mois de répit pour renforcer ses positions. Et peut opposer 200 000 hommes au moment de la "vraie" offensive alliée :
- Ceux de la 19ème armée qui a eu le temps de panser ses plaies des combats de la vallée du Rhone
- Ceux des 1ère armée et 5ème division blindée... venues en renfort
- ...

Le blocage de l’avancée alliée... le long et sanglant piétinement de la bataille de la "poche de Colmar"... et le sursis offert aux ravages nazis dans les territoires encore occupés sont les autres conséquences de ce fameux retard

Ce fut donc une bataille perdue et une hécatombe humaine. Tout ceci n’autorise toutefois pas à occulter l’indiscutable courage et conviction des hommes impliqués... ni à rejeter en bloc toutes les décisions prises

Parmi ses aspects stratégiquement positifs on ne peut nier que l’état-major allemand "y a cru" pour une large part pendant, et aussi après :
- Pendant, il a du sensiblement "dégarnir" le Nord et le Sud du massif pour ramener des troupes vers ici, et puiser dans ses forces (déjà insuffisantes) du front de l’Est
- Après, restant convaincu d’une tôt ou tard relance de cette "percée par la vallée de la Bruche" par les troupes alliées, il a du maintenir les forces nécessaires à les "accueillir". Ceci l’amenant malgré lui à soulager un tant soi peu l’avancée de Patch et de Lattre dans les Vosges du Sud et donnant du champ libre à ce que fut la percée de Leclerc sur Strasbourg
- Il aura aussi consécutivement de moins en moins puis plus du tout les moyens de se retrancher à sa guise sur le versant Ouest du massif des Vosges

La petite goutte d’eau de l’Opération Loyton ?...

Ceci n’a certes pas ressuscité les morts

[16] Durant toute l’opération et principalement pendant les terribles dernières semaines, ces hommes ont "habité" ici, soutenus par les gens d’ici : principalement de Moussey et du hameau contigu du Harcholet. La plupart ont été hébergés, guidés, nourris, soignés, protégés par les familles d’ici (elles ont "osé" le faire !)

Leur "garnison" était à la Basse de Lieumont (abris forestiers). Des bases plus ou moins temporaires d’hébergement, de ravitaillement, de commandement, étaient dans les maisons Dony, Gander, Loevenguth, Fays, Georges (le "Piton"), Diéda, Toussaint et Nartz (La Petite Raon), Launay/ferme des Grandes Gouttes, Pierrat/ferme Ferry , Jean-Baptiste Huin... dans la maison forestière de Coichot (Lequeux fils), la maison forestière des Chavons (Georges Evrard puis sa femme), la scierie Rielle (famille Ruffenach)...

Ces hommes étranges, venus d’une "autre planète" mais si entreprenants, si courageux, très jeunes et porteurs d’un immense espoir, sont vite devenus des « enfants d’ici »

 

Galerie d'images

Opération Loyton F Phantom. Opération Loyton Officiers du SAS Opération Loyton Eglise de Moussey. Le fanion du 2ème SAS A droite : le Lt canadien Maurice Rousseau, 2ème SAS (à côté de son frère (...) Lt colonel Brian Franks L'Opération Loyton. 13 août à fin octobre 44 Arrêt de l'avance alliée. Totalement non prévu dans plans La Libération effective d'ici
 

Documents joints à l'article

35 ans après
PDF | 528.7 ko | document publié le 13 mai 2007
Commémoration avec le 21ème SAS. Présence du colonel Franks
Opération Loyton
PDF | 599.5 ko | document publié le 6 octobre 2008
Court résumé. Extrait du rapport "Missing Parachutists" du 14 novembre 1945
66 ans après
PDF | 286 ko | document publié le 23 juillet 2010
Hommage du 13ème Dragons Parachutistes et de la Nouba du 1er Tirailleurs
Opération Loyton
PDF | 2.8 Mo | document publié le 15 octobre 2010
Lieux des parachutages et Noms des hommes
Opération Loyton
PDF | 533.2 ko | document publié le 5 mai 2012
Repères chronologiques
22 octobre 1944. Massacre de Saint Prayel Ravines
Windows Media | 3.4 Mo | document publié le 14 novembre 2012
Scierie de Barodet octobre 2012. Le God Save the Queen
A la recherche des parachutistes de Loyton disparus
PDF | 2.3 Mo | document publié le 21 février 2014
Les 2 films documentaires : "Secret Hunters" et "Nazis Hunters"

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